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Musical
0001 - Candide (1956)
Musique: Leonard Bernstein
Paroles: Richard Wilbur
Livret: Lillian Hellman
Production originale:
24 versions mentionnées
Dispo: Résumé  Synopsis  Commentaire  Génèse  Liste chansons  

Candide est une opérette avec de la musique de Leonard Bernstein, basée sur la nouvelle du même nom de Voltaire. Elle est jouée pour la première fois en 1956 avec un livret de Lillian Hellman mais, depuis 1974, elle est généralement interprétée avec un livret de Hugh Wheeler qui est plus fidèle au roman de Voltaire. Le parolier principal était le poète Richard Wilbur mais John Latouche, Dorothy Parker, Lillian Hellman, Stephen Sondheim, Leonard Bernstein, John Mauceri et John Wells ont également contribué aux paroles. Bien que ce fut un échec à sa création (73 représentations), Candide a aujourd'hui surmonté la réaction peu enthousiaste des premiers publics et premières critiques. Il est devenu très populaire.

Genèse: Version I - 1956 Les origines du musical Candide a été conçu à l’origine par Lillian Hellman comme une pièce de théâtre avec de la musique de scène. Bernstein, cependant, était si excité par cette idée qu’il a convaincu Hellman< d'en faire une «opérette comique»; elle a ensuite écrit le livret original pour l’opérette. Elle l'a voulu comme une «une critique politique dans l’après-maccarthysme » De nombreux paroliers y ont travaillé: d’abord James Agee (dont le travail n’a finalement pas été utilisé), puis Dorothy Parker, John Latouche et Richard Wilbur. En outre, les paroles de I Am Easily Assimilated ont été écrites par Leonard et Felicia Bernstein, et Hellman a écrit les paroles d'Eldorado. Hershy Kay a tout orchestré sauf l’ouverture, ce que Bernstein a fait lui-même. Création à Broadway (1956) – Flop Candide a ouvert à Broadway le 1er décembre 1956. La mise en scène était de Tyrone Guthrie et la direction musicale de Samuel Krachmalnick. Les décors et les costumes ont été conçus par Oliver Smith et Irene Sharaff, respectivement. Il a été chorégraphié par Anna Sokolow. Le cast de la création était constitué de Robert Rounseville (Candide), Barbara Cook (Cunégonde), Max Adrian (Dr. Pangloss) et Irra Petina (Old Lady). Cette production a été un désastre au box-office, avec seulement deux mois pour un total de 73 représentations. Le livret de Hellman a été critiqué dans le New York Times comme étant trop sérieux: «When Voltaire is ironic and bland, [Hellman] is explicit and vigorous. When he makes lightning, rapier thrusts, she provides body blows. Where he is diabolical, [she] is humanitarian ... the libretto ... seems too serious for the verve and mocking lyricism of Leonard Bernstein's score which, without being strictly 18th century, maintains, with its gay pastiche of past styles and forms, a period quality». Création à Londres (1959) – Échec La création londonienne a eu lieu au Saville Theatre sur Shaftesbury Avenue le 30 avril 1959 (après avoir été joué brièvement au New Theatre, à Oxford et à l’opéra de Manchester). Cette production a utilisé le livret de Lillian Hellman avec un crédit supplémentaire «assisté par Michael Stewart», et il a été mis en scène par Robert Lewis avec des chorégraphies de Jack Cole. La distribution comprenait Denis Quilley (Candide), Mary Costa (Cunegonde), Laurence Naismith (Dr. Pangloss) et Edith Coates (Old Lady). Il a tenu l'affiche 60 représentations... Revival à Broadway (1971) – Arrêté durant les Try-Out Le Candide de 1956 a brisé de nombreux cœurs au cours de son existence. La brillante partition de Leonard Bernstein est l’une des plus grandes jamais écrites, le livret de Lillian Hellman est plein d’esprit et incisif, et, de toute évidence, la mise en scène était très réussie. Mais ce fut un flop et c’est le disque qui a maintenu le spectacle vivant. Le revival de 1971 fut la première production américaine majeure de l’œuvre depuis la fermeture de l’original. Des Try-Out se sont déroulés durant quatre mois à San Francisco, Los Angeles et Washington D.C., mais le transfert à Broadway a été annulé. C'est ce que les américain appellent «closed on the road». Et encore une fois les cœurs étaient brisés. La version suivante, celle de 1974 a renversé le destin du musical, se jouant à Broadway pendant plus de deux ans et a remporté le New York Drama Critics’ Circle Award for Best Musical de la saison 1973-1974. Mais les puristes consternés auraient encore le cœur brisé car il s'agirait d'un tout nouveau livret. Version II - «Chelsea» - 1973 (Sans intervention de Bernstein) Un revival ou une recréation? Sans la participation de Bernstein, le spectacle a vécu une série de revivals à Broadway grâce à Harold Prince. Lillian Hellman, l’autrice du livret original, a refusé que son travail soit modifié ou utilisé en partie dans le revival, et Harold Prince a commandé un nouveau livret en un acte à Hugh Wheeler. Le seul élément du livret de Hellman qui a été conservé est le nom inventé pour le frère de Cunegonde: «Maximilien». Le personnage n’a pas de prénom dans la nouvelle de Voltaire. Les paroles ont été travaillées par l’équipe d’artistes originaux. Cette version de 105 minutes, omettant plus de la moitié des numéros musicaux, était connue sous le nom de Version Chelsea, et a ouvert en 1973 au Chelsea Theater Center de la Brooklyn Academy of Music avant de déménager à Broadway au Broadway Theatre le 10 mars 1974. Il tiendra l'affiche 740 représentations, ne fermant que le 4 janvier 1976. Le cast était constitué de Mark Baker (Candide), Maureen Brennan (Cunegonde), Sam Freed (Maximilian), Lewis J. Stadlen (Dr. Pangloss) et June Gable (Old Lady). En mars 1974, le musical a donc débarqué au pauvre Broadway Theatre qui venait de subir l’indignité de la pseudo «mise en scène totale» de Dude, The Highway Life () pour laquelle le théâtre avait subi une refonte physique drastique pour répondre aux exigences du scénario et de la mise en scène de cette comédie musicale rock. Tant de travail, tant de menuiserie, et tout s’était arrêté après 16 représentations. La Version Chelsea a été marquée par un style de production unique. Un orchestre de 13 musiciens a joué dans quatre zones. Le chef d’orchestre, qui portait un costume d’époque et une tresse d’or, pouvait être vu par le public et les musiciens sur les écrans de télévision. Avec Candide, le Broadway Theatre se retrouve avec un autre musical nécessitant une «mise en scène totale». Et le théâtre fut à nouveau remodelé passant de 1.700 sièges à 850 répartis en gradins qui étaient éparpillés dans divers coins et recoins, supprimant toute délimitation entre la salle et la scène. Eugene Lee a conçu sa scénographie pour aider le metteur en scène Harold Prince à permettre que son spectacle enchaînant des scènes dans des lieux différents ne s’enlise dans des changements de décors répétés et chronophages. Il a créé une dizaine d'aires de jeu organisées en plateformes situées à des niveaux multiples permettant aux scènes de s’enchainer en recentrant l’attention au lieu de changer de décor. Les acteurs se jouaient sur ces estrades et parfois au milieu des spectateurs. Au fur et à mesure que l’histoire se déroulait, certaines plateformes s’effondraient, s’écartaient ou se réunissaient. Les didascalies de l'adaptation indiquaient clairement que toutes ces zones étaient reliées par des rampes, des pont-levis, des trappes et des «passages cachés». Il y avait aussi quatre sections distinctes entre lesquelles les 13 musiciens de l’orchestre étaient répartis. Le chef d’orchestre, en costume d’époque, pouvait être vu par le public et les musiciens via des écrans de télévision. En quoi tout cela avait un lien avec Candide est discutable. Mais si cette scénographie radicale faisait grincer des dents, la production elle-même était très claire. Le livret, les chansons, et la mise en scène ont fait du show quelque chose de mignon, une suite insupportable – si on le compare à l'original – de numéros édulcorés et timides. L’esprit fragile de la brillante partition de Bernstein a été assujettie par des pitreries clownesques et le livre sardonique et acerbe de Lillian Hellman fut remplacée par l’humour, niveau maternelle, de la nouvelle adaptation de Hugh Wheeler. Et la plupart des critiques vont adorer: «I love Candide» (Richard Watts in the New York Post); «This is a doll of a show» (Clive Barnes in the New York Times); «If there is a lovelier Candide than this, it is difficult to imagine» (Lance Morrow in Time); «Candide is unquestionably the season’s most brilliant musical to date» (John Beaufort in the Christian Science Monitor); et Candide eqt «a splendid new musical on Broadway» (Leonard Harris on WCBSTV2). Le spectacle va recevoir 7 nominations aux Tony Award et en gagnera 4 don Best Book of Musical pour Hugh Wheeler et Best Direction of a musical pour Harold Prince. Il gagnera aussi 5 Drama Desk Awards. Même si le spectacle s'est joué 740 fois, il a perdu de l’argent. Le côté positif de ce revival est qu’il a sorti l'œuvre de sa confidentialité et l'a fait découvrir par un large public. Candide n’était plus un musical culte connu des seuls spécialistes. Mais l’inconvénient est que la plupart des nouvelles productions de l’œuvre vont vouloir recréer l’ambiance de carnaval et l’atmosphère de ce revival. Donc ce qui était une comédie musicale sardonique et amère pour adultes en 1956 est maintenant assimilable à un plaisir de cirque. Les paroles satiriques et la musique ont été émoussées, et l’histoire amère est adoucie par la bêtise des personnages. Il doit sûrement exister un compromis où Candide peut être à la fois être humoristique et satirique. Dernière remarque, cette version était présentée sans entracte, durant un peu plus de deux heures. Versions III - «Version Opéra» - 1982 (Sous la «supervision» de Bernstein) New York City Opera au Lincoln Center – 1982 De nombreuses compagnies d’opéra ont souhaité mettre à leur répertoire le Candide de Bernstein. Mais la Version II sur base du livret de Wheeler était trop courte et semblait incomplète. Pour offrir une version plus «légitime», le spectacle a été élargi toujours sur la base du livret de Wheeler (Version II et donc pas sur le livret original de Lillian Hellman). La Version Opéra en deux actes contient la majeure partie de la musique de Bernstein, y compris certaines chansons qui n’avaient pas été orchestrées dans la production originale et d’autres coupées dans la version de 1973. Cette Version III a été créée par le New York City Opera le 13 octobre 1982, à nouveau dans une mise en scène d’Harold Prince. Le spectacle sera joué à 34 représentations dans les répertoires des trois saisons qui suivirent… Le 18 novembre 1982, Lilian Hellman, autrice du livret original, a écrit une lettre un peu cinglante à Bernstein contenant: «Vous êtes trop insensible pour savoir que je n’aurais jamais voulu qu’un pirate comme Hugh Wheeler s’amuse avec mon travail, et je n’ai jamais aimé le travail de Hal Prince [...]». Elle mourra deux ans plus tard, le 30 juin 1984. Versions IV - «Version Scottish Opera» - 1988 (Sous la «supervision» de Bernstein) Scottish Opera – 1988 En 1988, Bernstein a commencé à travailler aux côtés de John Mauceri, alors directeur du Scottish Opera, pour produire une version exprimant ses dernières volontés à l’égard de Candide. Wheeler est mort le 26 juillet 1987 avant de pouvoir retravailler le texte, et John Wells fut engagé à cet effet. Le nouveau spectacle a d’abord été produit par le Scottish Opera avec le crédit «Adapté pour le Scottish Opera par John Wells et John Mauceri». Le spectacle incluait un nouvel Entracte et un chœur récurrent Universal Good créé par Bernstein à partir d'un air abandonné depuis longtemps. Il a été créé le 19 mai 1988 au Theatre Royale de Galsgow. La représentation est diffusée à la BBC (TV). Cette version est transférée à Londres où elle se joue 34 fois à l’Old Vic à partir du 1er décembre 1988. Versions V - «Final Revised Version» - 1989 (Bernstein) Barbican Center – Concert – 1989 Après avoir assisté aux dernières répétitions et à l’ouverture à Glasgow, Bernstein décida que le temps était venu pour que le compositeur lui-même réexamine Candide. Prenant la Version Scottisch Opéra (Version IV) comme base de travail, il fit des changements dans l’orchestration, remania l’ordre des scènes et des chansons dans l’acte II, et modifia la fin de plusieurs morceaux. Après ce travail de fond, Bernstein a dirigé les 12 et 13 décembre 1989 le London Symphony Orchestra and Chorus dans deux concerts au Barbican Center de Londres de ce qu’il a intitulé la Final Revised Version. Le cast et l’orchestre ont enregistré cette version aux Abbey Road Studios du 15 au 18 décembre 1989 et enregistré ce qu’il a appelé sa Final Revised Version avec Jerry Hadley (Candide), June Anderson (Cunegonde), Christa Ludwig (Old Lady) et Adolph Green (Dr. Pangloss). Deutsche Grammophon a sorti un DVD (2006, 147 min.) en son surround 5.0, de l’enregistrement du 13 décembre 1989 au London Barbican Center, avec un prologue et un épilogue en bonus video mais aussi un petit livret imprimé, «Bernstein et Voltaire» où John Wells expliquait ce que Bernstein voulait dans cette la Final Revised Version. Bernstein meurt moins d’un an plus tard, le 14 octobre 1990. Et après… Opera Theatre of St Louis – mai 1994 – Création sur scène de la “Final Revised Version” (Version V) Cette dernière version voulue par Bernstein a été crée le 2 mai 1994 au Loretto-Hilton Theater de St. Louis, pour 10 représentations, fermant le 25 juin. La mise en scène était de Colin Graham. Lyric Opera of Chicago – nov 1994 – Harold Prince remet en scène sa Version III Harold Prince allait une fois de plus s’attaquer à Candide. Mais pas avec la Final Revised Version. Non, il reprend sa version du New York City Opera de 1982 (Version III). Le cast comprenait Jason Danieley (Candide), Harolyn Blackwell (Cunegonde), Jim Dale (Dr. Pangloss), Andrea Martin (Old Lady) et Brent Barrett (Maximilian). Le spectacle s’est joué à 11 reprises du 26 novembre au 22 décembre 1994. Gershwin Theatre – 1997 – Harold Prince – Version III Après plus de vingt ans d’absence à Broadway (la version contestée mais populaire de 1973 au Broadway Theatre), Candide revient à Broadway toujours dans une mise en scène d’Harold Prince. Il présente cette fois une version plus sage, celle du New York City Opera de 1982 (Version III). Le musical se joue du 29 avril au 27 juillet 1997 au Gershwin Theatre pour 11 previews et 103 représentations. Le cast comprenait Jason Danieley (Candide), Harolyn Blackwell (Cunegonde), Jim Dale (Dr. Pangloss), Andrea Martin (Old Lady) et Brent Barrett (Maximilian). Le musical a reçu 4 nominations aux Tony Awards, dont Best Musical Revival. Versions VI - «NT Version» - 1999 (Sans Bernstein) National Theatre de Londres – 1999 En 1999, le Royal National Theatre de Londres a décidé de produire une nouvelle version de Candide. Le livret de Wheeler a été réécrit par John Caird. Ce nouveau livret est beaucoup plus proche du texte original de Voltaire que toutes les versions précédentes. Les chansons sont restées en grande partie comme Bernstein l’avait prévu, à part quelques retouches de Sondheim et Wilbur. Cette version, la NT Version, a été un grand succès et a par la suite été reprise à plusieurs reprises. Au National Theatre, elle s’est jouée en alternance (comme toujours au NT) à l’Olivier Theatre du 13 avril 1999 au 25 janvier 2000 pour 101 représentations. Un succès sans être un triomphe: la salle est remplie à 70%, ce qui est peu au National Theatre. La mise en scène était de John Caird. Et après… Théâtre du Chatelet à Paris – 2006 – “Final Revised Version” En 2006, à l’occasion du 50ème anniversaire de la création de Candide, le Théâtre du Châtelet à Paris a programmé l’œuvre dans une mise en scène de Robert Carsen. La version jouée est la Final Revised Version. La production transforme le proscenium en un gigantesque téléviseur des années 1950, et fait apparaître Voltaire comme narrateur, changeant de chaîne entre certaines scènes. Robert Carsen resitue l’action dans le monde des années 1950-1960, avec une perspective américaine commentant la politique mondiale contemporaine. Rappelons que c’est un retour aux sources puisque l’on est très proche des intentions originales de la Version I et du livret original de Lillian Hellman. Cette production a été terriblement contestée… L’article du journal Le Monde en est un bel exemple: « Après avoir enduré (contrairement à une partie de la salle, hilare) les quelque trois heures d'un spectacle sinistre à force de se vouloir drôle et intéressant, désert à force de vouloir "meubler", on se dit que Carsen aurait dû aller voir ce que d'autres ont fait de Candide. (…) La scène où sont caricaturés les cinq présidents de l'"entente cordiale", dont Jacques Chirac, bouteille à la main, n'a rien de bouffon ou de sarcastique: c'est, comme si souvent avec Carsen, le degré le plus bête de la relecture. (…) Robert Carsen dit : "S'il était en vie, j'espère que (Leonard Bernstein) approuverait nos choix." Ne faisons pas parler les morts, mais une petite voix nous dit qu'il serait horrifié.» La production devait être transférée au Teatro alla Scala de Milan en 2007. Mais ce transfert a été annulé après que Stéphane Lissner, directeur artistique et général de La Scala, ait vu la production à Paris. Mais plus tard la décision a été inversée et la production, retravaillée, y a bien joué comme prévu. Il fut ensuite transféré pour des représentations de l’ENO au Coliseum Theatre (23 juin au 12 juillet 2008). L’accueil y fut aussi houleux qu’à Paris ! La production du Châtelet a été filmée et diffusée sur Arte.

Résumé: Le jeune Candide vit à la cour du baron Thunder-ten-Tronckh sous les préceptes du philosophe Pangloss. Une aventure avec Cunégonde, la fille du baron, le force à l’exil. S’ensuivent alors une série de pérégrinations toutes plus étranges et dangereuses les unes que les autres qui mèneront Candide à changer son point de vue sur le monde. En ressortirat-il indemne?

Création: 1/12/1956 - Al Hirschfeld Theatre (Broadway) - représ.